28.8.16

10 ans !!!!!!!!!!

Putain, 10 ans les amis !!! Oui, cela fait exactement 10 ans, soit depuis le 28 août 2006, que j'écris mes conneries, enflammades, délires et théories foireuses sur ce blog. Que j'insulte le tennis féminin, Djokobite, Popeye, Boris Becker ou le public français... Que j'encense Rodgeur, Stan, Timea, Belinda ou la magie de la Coupe Davis. 

2006 – 2016 donc, une décennie qui correspond – grosso modo – à l'âge d'or du tennis helvétique et à l'âge d'or du tennis tout court. Dix années durant lesquelles le tennis suisse aura conquis 11 titres du Grand Chelem (9 pour Rodgeur, 2 pour Stan), 3 Masters, une médaille d'or olympique et une Coupe Davis. Dix années durant lesquelles, il faut bien l'admettre, Rafael Nadal et Novak Djokovic (12 Majeurs chacun) ont pris le dessus sur le Maître et lui auront fait subir pas moins de 8 défaites (!) en finale de Grand Chelem, la neuvième étant l'
«oeuvre» de Juan Martin Del Potro. Un Roger Federer qui aura donc gagné ou perdu (c'est selon) une finale de Grand Chelem sur deux durant cette décennie, dont certaines ô combien traumatisantes...

Dix années durant lesquelles seuls quatre joueurs (Murray, Del Potro, Wawrinka et Cilic) auront réussi à briser la domination du trio Federer – Nadal – Djokovic. Trois monstres qu'on peut considérer comme les plus grands joueurs de l'ère moderne (avec Pete Sampras) et qui auront hissé le niveau de notre sport préféré à des hauteurs stratosphériques. 


Dix années durant lesquelles j'ai pondu 385 posts pour 9853 commentaires (merci à toi !), où j'ai tenté de partager au mieux ma passion pour ce sport qui a fait de moi un champion olympique et un homme heureux. Bref, 10 ans de belles et grandes émotions que, derrière ma télé ou dans ma cabine de commentateur, j'ai eu la chance de vivre de près, de très près même. 

Pour marquer l'anniversaire de ce blog, j'ai trouvé sympa de revenir sur les dix plus grands moments que j'ai eu le plaisir de te conter sur ce site. Un classement subjectif où les exploits de nos Rodgeur et Stan nationaux tiennent bien sûr le haut du pavé. Bref, voici la première partie de mon classement avec une petite anecdote à la clé...
 
1. Le triomphe de la Suisse en Coupe Davis
 
L'apothéose, le pied total, la gaule !!! Parce que c'est la plus belle victoire de la Suisse en sport collectif, parce que j'ai toujours trouvé le Coupe Davis magique, parce qu'on avait cloué le bec à nos meilleurs ennemis, lesquels s'étaient montrés particulièrement indigestes avant, pendant et surtout après la rencontre, parce que j'ai toujours préféré les victoires en équipe qu'en solo, parce que les supporters suisses avaient régné en maître durant toute la finale, parce que c'est le dernier grand titre qui manquait au Rodg, parce que Stan le ritait et le voulait tellement ce Saladier d'Argent, parce que la fête qui avait suivi fut absolument dantesque et, aussi, parce que mon blog avait connu des records d'affluence à cette occasion, je donne la première place de ce classement à cet orgasme XXL. 
 
L'anecdote : tu dois le savoir si tu lis ce blog régulièrement, ce sacre coïncide avec la naissance de notre hymne, la Ballade des gens heureux. Depuis ce mythique 23 novembre 2014, cette chanson nous accompagne lors de chaque beuverie entre potes. Accolades et frissons garantis !

2. Le jour où Federer a touché le Graal à Roland Garros
 
Rodgeur à genoux sur la terre battue parisienne, l'hymne suisse qui résonne dans le Philippe Chatrier, les larmes du Maître, la joie d'un public complètement acquis à sa cause... Des images pour l'éternité ! Ce jour-là, la plus grande injustice du tennis venait d'être réparée. Après trois échecs de suite face à Rafael Nadal, le Bâlois gagnait le dernier grand tournoi qui manquait à son palmarès et obtenait du même coup le titre de plus grand tennisman de tous les temps. Ni plus ni moins.
 
L'anecdote : certains l'ont peut-être oublié mais pour un point, pour un rien, Rogdeur n'aurait probablement jamais gagné Roland Garros... En huitième de finale, un jour après l'élimination de Nadal, le Bâlois – très tendu à l'idée de pouvoir enfin remporter ce titre – est mené deux sets à zéro par Tommy Haas et, à 3-2 pour l'Allemand, doit écarter deux balles de break... Sur l'une d'elles, le Suisse frappe un coup droit qui effleure la ligne. Après ce point miraculeux, le numéro 1 mondial déroule et s'offre un quart de finale contre Gaël Monfils.

Ce quart de finale justement, c'est la deuxième anecdote de cette rubrique... Alors qu'il affronte un joueur français, parisien qui plus est, sur le Central d'un Grand Chelem en France, Federer aura TOUT le public avec lui. Une situation complètement exceptionnelle, unique au monde, que seul un Roger Federer peut engendrer. Gaël Monfils n'en croira pas ses yeux, ou plutôt ses oreilles, mais finira par avouer que Rodgeur le méritait.

3. Le sacre de Wawrinka à l'Open d'Australie

 
Le premier jour du reste de ta vie... Le dimanche où Stanislas a été baptisé Stan The Man, où le gamin est devenu un géant, où toute la planète tennis l'a regardé avec d'autres yeux, où l'enfant de Saint-Barthélemy a définitivement changé de statut, se débarrassant enfin de son étiquette de «loser magnifique», bref, le jour où sa carrière a basculé dans une toute autre dimension. Celle des légendes. Une quinzaine de grâce où le Vaudois a mis tout le monde d'accord, à commencer par Djokovic en quart et Nadal en finale, respectivement numéro 2 et 1 mondial. Rien que ça. Le premier set de la finale est d'ailleurs l'un des plus aboutis de sa carrière. Une pure merveille où le taureau des Baléares a pris autant de gifles qu'une racaille en interrogatoire dans un commissariat de la banlieue parisienne. Comme je l'avais écrit en janvier 2014, ce fut plus fort que du viagra !
 
L'anecdote : les auteurs de ce vrai-faux blog avaient promis de se mettre à poil dans la fontaine de la Palud si Stan le faisait... Il l'a fait, ils l'ont fait aussi ! Les fesses à l'air un beau dimanche de janvier en plein milieu de l'après-midi. Le cliché, sans grande surprise, avait fait le buzz.

4. Le deuxième Majeur de Wawrinka à Roland Garros

 
Tellement beau, tellement fou, tellement inattendu, tellement TOUT... Le summum de la carrière du gamin, plus fort encore que sa victoire en Australie mais quand même moins symbolique puisqu'il s'agissait de son deuxième grand sacre. Battre le numéro 1 mondial en finale à Roland Garros, à quelques centaines de kilomètres de sa ville natale, ça restera probablement comme l'Exploit ultime réalisé par le Vaudois durant sa carrière. Sans cette défaite, Novak Djokovic aurait tout simplement signé le Grand Chelem calendaire cette année-là, c'est dire si le «bison» – son surnom durant cette quinzaine de légende – a touché les étoiles en ce dimanche 7 juin 2015. Le monde était Stan. Et la Suisse romande pleurait de joie.    
 
L'anecdote : la plus grosse hystérie de ma vie dans une cabine de commentateur ! Même à zéro pour mille dans le sang, Pascal Droz et ton serviteur avions atteint un état d'euphorie et d'excitation total, dingue, magique. Des moments pour la vie, gravés à tout jamais dans nos têtes et nos coeurs, que seul le sport peut nous offrir.   
 

5. Federer – Nadal en finale de Wimbledon 2008
 
A ma gauche, Roger Federer, numéro 1 mondial et quintuple tenant du titre. A ma droite, Rafael Nadal, numéro 2 mondial et triple vainqueur de Roland Garros. Au milieu, le plus beau court du monde, le Central de Wimbledon. Au dessus, une météo très capricieuse. Autour, un public survolté, en extase. Voilà les ingrédients qui ont fait de cette finale LE match du siècle. Une rencontre interrompue plusieurs fois par la pluie et qui s'est terminée dans la pénombre, ce qui a contribué au mythe de ce duel entre deux champions au sommet de leur art et dont la rivalité aura atteint son paroxysme en ce dimanche 6 juillet 2008. Une ode au tennis, au spectacle et au suspense. Malheureusement pour tous les fans de Rogdeur, le scénario aura été terriblement cruel. Et les regrets resteront éternels...
 
L'anecdote : c'est une histoire tout à fait vraie : un ami neuchâtelois et chirurgien, complètement fan de Rodgeur et complètement traumatisé par cette défaite, ira faire appel à un psychologue à plusieurs reprises durant les jours post-finale...  

Voilà mon pote, la suite arrive dans quelques jours ! D'ici là, si tu veux écrire deux-trois mots dans les commentaires pour me dire ce que tu aimes ou détestes dans mon blog, ben ça me ferait évidemment plaisir !

9.8.16

Si tu ne vas pas à Rio…

Je sais je sais, j’ai bien glandé ces dernières semaines. Mais bon, après le véritable traumatisme que fut la défaite de Rodgeur face à Raonic à Wimbledon, j’étais comme un supporter de l’équipe de France le soir du 10 juillet : KO debout. Une défaite incompréhensible et inexcusable, ni plus ni moins, qui nous a privé d’une finale dantesque face à Andy Murray. Et même si l’Ecossais aurait eu largement les faveurs de la cote face à un Bâlois semble-t-il diminué, on avait quand même envie d’y croire. Bref, n’en parlons plus et saluons en vitesse le troisième titre en Grand Chelem d’Andy Murray, sur qui on compte désormais pour tenter de stopper Djokovic dans sa quête de records, en particulier celui du nombre de Majeurs.

En parlant de Djokovic, c’est bien sûr LA nouvelle de ce début des JO et l’une des images fortes de la semaine : voir le Serbe en pleurs après sa défaite face à Juan Martin Del Potro. Le numéro 1 mondial, qu’on croyait à tort invincible après son sacre à Paris, vient donc de subir deux revers aussi surprenants que mortifiants, à Londres et Rio, lors des deux rendez-vous les plus importants de l’été. Eliminé également en double, le coton-tige n’a plus que le double mixte pour ramener une médaille d’or au pays, ce qui lui tient tant à cœur. Ou alors attendre 2020 et les JO de Tokyo…

Un tournoi olympique qui n’a clairement pas la même saveur pour nous les Suisses. Un peu comme un barbecue sans bœuf ni vin rouge. On avait rêvé d’une apothéose pour Rodgeur quelques jours après son 35ème anniversaire ; on avait également espéré un nouvel exploit de Stan en cette saison sans coups d’éclat pour lui. Il n’en sera rien. Les champions olympiques de Pékin, blessés, regardent ces Jeux derrière leur télé. Pire pour Federer, lequel a déclaré forfait pour le reste de la saison (!) et manque déjà cruellement au monde du tennis. Après Roland Garros, il y aura donc un US Open et un Masters sans le plus grand joueur de tous les temps… Là, on ne parle pas d’un barbecue sans bœuf ni vin rouge, mais carrément de 6 mois dans un couvent, sans sexe ni alcool, et nourri que de plantes et de racines… Allez Rodgeur, bon rétablissement et reviens plus fort pour un dernier, un ultime coup de Maître afin de tirer le rideau de la plus belle des manières !

Bref, nos regards sont donc tournés vers la paire Hingis – Bacsinszky qui joue sa place en demi-finale ce soir. Si on m’avait dit il y a 3 ans que tous les espoirs du tennis helvétique à Rio seraient placés sur les épaules de cette ex-cokée et de cette ex-retraitée, j’en serais tombé de ma chaise. Aujourd’hui, je ne demande qu’à m’enflammer aux exploits de ce binôme aussi improbable que le mariage entre Coluche et Le Luron !

3.7.16

We love you Querrey, we do !

Enorme les mecs, ENORME !!!!! Je sais qu’il ne faut pas se réjouir du malheur des autres mais là franchement, fini le fair-play, les politesses et tout le reste, je suis tout simplement heu – reux !!! Heureux comme un Islandais ou un Gallois ! Heureux comme un puceau sur le point de faire tomber son premier string ! Heureux comme un mec qui sort de prison et qui va s’envoyer sa première chope ! Heureux comme une nymphomane devant une rangée de bites ! Oui, heureux d’apprendre qu’il y aura un autre vainqueur en Majeur, heureux de savoir que Djokovic reste à 12 et, surtout, heureux d’être sûr que le Serbe ne réalisera pas ce fameux Grand Chelem calendaire. Pas cette année en tout cas. Et pour tout te dire, vu la difficulté du truc, pas certain qu’il le réalise un jour… C’était peut-être cette année ou jamais. Enfin j’espère.

Le coton-tige a donc perdu gros hier, très gros, contre un Sam Querrey sorti de nulle part, au service de feu mais au revers aussi crédible qu
’un pénalty tiré par Zaza. Un numéro 1 mondial qui a semblé très fatigué, en méforme totale, certainement marqué par toutes les émotions ressenties et les efforts consentis il y a quelques semaines à Paris. C’est d’ailleurs rassurant : Novak Djokovic – aussi fort soit-il – reste un être humain. Non, ce n’est pas une machine. A force de le voir enquiller tous ces records et avaler ses adversaires les uns après les autres, on avait fini par l’oublier… 

Accessoirement, c’est bien sûr une bonne nouvelle pour notre Rodgeur national. Non content de garder – probablement pour toujours – son record de 36 quarts de finale consécutif en Grand Chelem, il voit sa partie de tableau devenir tout de suite plus agréable. Je ne vais évidemment pas parler de boulevard car ça reste quand même un bon champ de mines avec un prochain tour piège contre Johnson, suivi d’un quart de finale contre Cilic ou Nishikori et une éventuelle demi-finale contre Raonic par exemple… J’ai bien dit «éventuelle» car Federer traverse une année très compliqué avec zéro titre au compteur et deux récentes défaites peu rassurantes contre Thiem et Zverev. Reste que Raonic ou Goffin en demi, ce n’est pas Djokovic et rien que ça, c’est bon pour le moral et la confiance.

Le bas du tableau, lui, ressemble un peu au haut du tableau de l’Eurofoot avec entre autres un improbable Pouille – Tomic en huitièmes. Inutile de dire que Stan Wawrinka, à l’image de notre équipe suisse de football, est passé à côté d’une superbe opportunité de gratter une première demi-finale au All England Club. On compte sur lui pour se rattraper aux JO de Rio.

Voilà les amis, cette deuxième semaine s’annonce passionnante et on est évidemment tous à fond derrière Rodgeur pour qui on est prêt à tout annuler dimanche 10 juillet. Et une dernière chose pour conclure : thank you Sam ! Thank you so much !!!

6.6.16

Le coton-tige dans l’histoire

Voilà, comme on le craignait, Novak Djokovic a enfin remporté Roland Garros et rentre ainsi dans la grande histoire du tennis. Il l’a fait au terme d’un tournoi pourri par une météo exécrable, marqué par des matches disputés devant des affluences confidentielles et plombé par l’absence de Rodgeur et l’abandon de Rafa. Sans ces deux légendes, le tennis devient tout de suite moins spectaculaire, moins intéressant et moins glamour. Moins tout en fait. Les audiences TV ont d’ailleurs chuté pour cette édition 2016 aussi sexy qu’un croisement entre Marine Le Pen et Boris Becker…

Tu veux que je te parle de cette finale ? Ça ne va pas être long. Une fois de plus entre  Djokovic et Murray au dernier stade d’un tournoi Majeur, il n’y a pas vraiment eu de match et très peu d’émotions. Après un petit set de réglage, la machine Djokovic s’est mise en marche et a atomisé un Frankenstein complètement impuissant. Tout juste notera-t-on les trois derniers jeux où le numéro 2 mondial a tenté un vain come-back dans une ambiance enfin digne de l’événement. Mais cela n’a pas suffi, hélas, pour faire basculer la rencontre…

Au passage, Andy Murray consolide sa réputation de Poulidor du tennis mondial, lui qui a perdu hier sa… 8ème finale en 10 participations ! Une première dans l’histoire du tennis. Oui, le Britannique est maudit et, vu la domination exercée par le Serbe ces deux dernières saisons, la tendance n’est pas près de s’inverser. De là à dire que Murray a une petite bite et un mental de majorette, ce serait quand même un peu sévère vu qu’il a toujours perdu en finale contre Djokovic (5x) ou Federer (3x)…

Bref, force est de constater qu’aujourd’hui, il y a tout simplement un gouffre entre le sosie de Joe Dalton et le reste du monde. Un Djokovic intouchable, inarrêtable, insatiable qui va probablement avaler tous les records du tennis comme il avale ses adversaires les uns après les autres. A l’heure où j’écris ces quelques lignes avec autant de plaisir que ressent un ouvrier pakistanais sur un chantier au Qatar, je ne vois pas qui pourrait gêner le Serbe dans sa marche triomphale… Peut-être un Wawrinka dans un très très grand jour ou un Federer en état de grâce sur gazon, et encore.

Allez les amis, il est temps pour moi de prendre congé de vous et de vous donner rendez-vous pour Wimbledon dans quelques jours ! Avec si possible enfin des grands matches, des émotions, du soleil, des stades pleins et – soyons fous – un autre vainqueur à la fin…

24.5.16

En trois jours, Stan a fait taire les aigris !

Big up gamin ! En l’espace de 72 heures et deux performances de choix, le Vaudois a rassuré son petit monde et glané deux victoires respectivement très symbolique et très importante. Tout d’abord en remportant son tout premier titre en Suisse et pas n’importe lequel : «mon» magnifique Geneva Open dans l’écrin paradisiaque du Parc des Eaux-Vives, lequel est situé dans la plus belle ville du monde ! Quoi ? J’exagère tu trouves ?

Plus sérieusement, ce premier titre à la maison, on ne peut pas dire qu’il l’a gagné au rabais car le numéro 4 mondial s’est coltiné un certain Marin Cilic en finale, un client qui n’était pas là pour faire de la figuration et qui lui a mené la vie dure. Au final une victoire en deux sets au terme d’un tie-break irrespirable, remporté 13-11 par Stanimal ! Au passage, saluons la belle série du double vainqueur en Grand Chelem qui a gagné samedi sa… 10ème finale d’affilée sur le circuit. Une stat qui en dit long sur le mental que s’est forgé Wawrinka depuis janvier 2014 et son triomphe en Australie. 

Un autre gaillard qui n’était pas là pour faire de la figuration, c’est bien sûr Lukas Rosol, le cadeau empoisonné que lui a réservé le tirage au sort pour ce premier tour à Roland Garros. Un premier tour qui avait tout de la peau de banane : un match retardé par la pluie, un Central aux trois quarts vide pour accueillir le champion en titre (ce qui est tout sauf une surprise, j’y reviendrai…), une météo digne d’un mois d’octobre et, en face, un joueur qui frappe comme une mule et qui n’avait rien, mais alors strictement rien à perdre. Tout le contraire de Stan… 

Et pour ce match aussi chiant à aborder qu’un meeting avec son patron un lundi à 7h du mat’, le joueur du TC Stade-Lausanne a dû sortir son bleu de travail, transpirer et trembler. Sa joie lors de la balle de match se passe de commentaires : oui, le tenant du titre est passé tout tout près de la catastrophe XXL. Notamment au début du quatrième set où Stan The Man a dû écarter deux balles de break à 2-2… En gros, après le forfait du Maître, on a évité le pire les amis, et accessoirement on peut continuer à suivre ce Roland Garros avec passion et intérêt… Car autant dire que sans le gamin, et même si j’aime bien Timea et Golubic, ben ça n’aurait vraiment pas été la même quinzaine. Et que j’aurais presque hésité à quitter Paris avec le premier TGV... 

Sinon, ben à peine arrivé sur place, j’ai pu constater que rien n’avait changé à la Porte d’Auteuil : les gradins sont toujours aussi désespérément vides durant la majeure partie de la journée, les spectateurs sont toujours aussi cons, le temps toujours aussi capricieux, le toit toujours aussi absent, Ion Tiriac et sa moustache toujours à la même place et le court Suzanne Lenglen toujours réservé aux joueurs français lors de la première semaine, avant que ceux-ci disparaissent de la circulation tels les bons losers qu’ils sont (et ont toujours été). Bref, rien n’a changé et c’est peut-être pour ça qu’on l’aime tant, notre bon vieux Roland !

Allez, à très vite pour de nouvelles aventures et pour conclure, bravo à Golubic pour sa première victoire en Majeur et dommage, vraiment dommage que l’incroyable Stepanek nest pas allé au bout du rêve face à Murray... Tcheu que cette victoire est poussive et que le jeu de l’Ecossais faisait peine à voir... Djoko et Murray, défenseurs un jour, défenseurs toujours. 

31.1.16

Djokovic, roi du tennis et roi de l'ennui

Désolé mon pote, je ne vais pas y aller par quatre chemins : si la saison continue sur les mêmes bases que cette édition pourrie de l'Open d'Australie, tu ne vas pas beaucoup me lire sur ce blog. Certes, j'aurais pu écrire quelques lignes sur le joli parcours de Roger Federer (enfin, ça reste quand même une défaite en demi et pour le Maître c'est presque un échec...), mais le coeur n'y était pas. Pas envie non plus d'analyser le revers plus ou moins étonnant de notre Stan national. Juste une petite ligne pour saluer la belle victoire d'Angelique Kerber chez les femmes et le nouveau succès de Martina Hingis en double. Ce n'est pas le sujet de ce post, mais perso je suis totalement favorable à un duo Federer - Hingis aux JO de Rio !

Bref, à l'image de la cuvée 2015, cette édition 2016 est à oublier au plus vite et à balancer dans la Fosse des Mariannes. Force est de constater que le circuit est dominé, pardon, est sur-dominé par un monstre au tennis aussi spectaculaire qu'un concours de tir à l'arc. Novak Djokovic ne fait rêver personne avec son jeu défensif, ses mimiques, sa tête de Joe Dalton et son Boris Becker. Il gagne sans passion, il triomphe sans panache. Djokovic est en passe de devenir le numéro 1 mondial le plus ennuyant de l'histoire de la petite balle jaune, juste derrière Ivan Lendl. Pour preuve cette finale où se sont succédé les erreurs directes, où les deux protagonistes n'ont rien essayé, n'ont rien inventé. Deux mecs scotchés à leur ligne de fond se contentant de renvoyer la balle et d'endormir un public apathique. Mais quelle daube ! 

Comme me l'a soufflé un pote espagnol, Crevette à l'ail pour ne pas le nommer, le meilleur acteur de cette finale fut sans conteste l'arbitre Ramos. On va donc au devant d'une saison infecte, où le seul suspense sera de savoir quel joueur se fera exploser par Djokovic en finale. J'espère évidemment me tromper, mais il semble évident que le Serbe possède une immense marge de sécurité par rapport au reste du peloton. Il y aura peut-être quelques surprises, comme l'année passée à Roland Garros, mais ce n'est même pas sûr... Je pose d'ailleurs ouvertement la question : Novak Djokovic va-t-il gagner les quatre tournois du Grand Chelem cette année ? A moins d'une blessure, je le crains oui...

Alors on espère désormais un réveil de Rafael Nadal pour la saison sur terre (si si...), un grand Rodgeur cet été à Wimbledon et un retour en grâce de notre Stan national. On espère également que Murray ose beaucoup plus face au numéro 1 mondial. Ce n'est pas en produisant le tennis ultra-défensif de dimanche que le Britannique pourra espérer autre chose qu'une déculotté face au coton-tige. Peut-être aussi qu'un joueur comme Raonic, impressionnant en ce début d'année, pourra créer la sensation dans un très grand jour. Bref, pour que le tennis soit beau, il faut de vraies et belles oppositions. Ce qui n'est malheureusement plus le cas aujourd'hui, tant le Serbe domine son sport avec maîtrise, réalisme et froideur.

30.11.15

Andy Murray, Fucking British Hero

Après Rafael Nadal, Novak Djokovic et Roger Federer, Andy Murray est donc le quatrième membre du fameux Big Four à inscrire son nom au palmarès de la Coupe Davis. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le numéro 2 mondial est allé le chercher avec le cœur, les couilles et la sueur (beaucoup de sueur même) ce mythique Saladier d’Argent. Sans vouloir manquer de respect à ses coéquipiers et à son frère qui était son partenaire en double, Andy Murray a quasiment tout fait lors de cette campagne victorieuse. C’est presque à se demander si c’est lui qui cuisinait les pâtes, cordait les raquettes et réservait les hôtels. En gros, ça donne deux victoires en simple lors du premier tour (seulement…) avant d’aligner deux victoires en simple et une en double en quart, demi et finale. 11 matches, 11 succès : respect !!!

Autant dire que la Lawn Tennis Association, autrement dit la fédération de tennis de Grande-Bretagne, pourra lui ériger une statue du côté de Glasgow et Londres pour services rendus à la patrie… Ainsi donc, après avoir été le premier Britannique champion olympique de tennis et, surtout, le premier Britannique à remporter Wimbledon depuis Fred Perry en 1936, le sosie de Frankenstein ramène le Saladier d’Argent au pays après une attente de 79 ans. Oui, ce mec est un putain de héros, a Fucking British Hero. Malgré sa gueule de semi-dépressif et d’éternel grincheux, je pense qu
Andy pourrait choper la moitié des meufs de la Perfide Albion à l’heure où je parle. S’il met autant de passion que lors de ce week-end à Gand, il en serait même capable…

Bref, bravo Andy ! Tu le sais bien, ce n’est pas mon joueur préféré, mais je dois reconnaître que j’ai adoré voir sa niaque et sa rage durant ces trois jours en Belgique. Ce débile, tellement il était à fond, a quand même réussi à prendre un point de pénalité vendredi alors qu’il dominait largement les débats… Son explosion de joie après le premier set gagné lors du double était énorme aussi. Quant à dimanche, les images parlent d’elles même : sa passion, voire folie, tout au long de ce match décisif restent la meilleure des publicités pour cette compétition unique, géniale, légendaire. Autant d’adjectifs qui siéent à merveille à Andy Murray aujourd’hui.

Toutefois, dimanche soir et aigreur obligent, je vais conclure ce post avec un constat un peu amer : force est de constater que les numéros 1 et 2 mondiaux, Djokovic et Murray, sont clairement deux joueurs à vocation défensive. On l’a encore vu dimanche contre Goffin, l’Ecossais s’est plutôt contenté de renvoyer et contrer plutôt que d’attaquer et inventer… Le tennis actuel est donc dominé par deux joueurs défensifs, et c’est regrettable. Même si c’est bien sûr déjà arrivé par le passé avec les ères Borg, Lendl, Wilander ou autre Courier, j’ai toujours préféré voir des mecs comme McEnroe, Connors, Edberg, Becker et Sampras dominer le circuit. Sans parler bien sûr de notre Rodgeur national !

Allez, je te laisse et te donne rendez-vous en janvier pour de nouvelles aventures, pour du tennis d’attaque et, on l’espère, pour de nouvelles grandes émotions. Comme celles que j’ai eu aujourd’hui en regardant Andy Murray tomber au sol et pleurer. Qu
’on se le répète, la Coupe Davis est magique. N’y changez rien !